Une lettre troublante d’un personnage de fiction

Ceux qui liront cette lettre me prendront peut-être pour une folle finie. Honnêtement, je m’en fous complètement. Je sais qui je suis et ce que je connais ma valeur. C’est ça qui compte, non? Je ne suis pas pour autant aussi bizarre des gens peuvent le penser. Justement, parlant de bizarre…

Depuis quelques semaines, j’ai continué mes petites recherches au centre d’archives et ailleurs. Les faits troublants ne cessent de s’accumuler. Ça me déstabilise, mais en même temps, je me dis que c’est important. Important pour moi, mais aussi, important pour nous tous de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Je vous mentirais si je vous disais que ce que je trouve ne me fait pas peur. Il s’est passé des choses ici qui ne sont juste pas disables. Je n’ai pas encore eu le temps de tout creuser. Ça va prendre encore du temps pour y voir un peu de lumière. Mais ce que j’ai à date est effrayant.

Vous savez, parfois dans la vie on ne se pose pas de questions pour des trucs qui paraissent banales. Quand on cherche une explication, la réponse que l’on nous sert est crédible, et l’on passe à autre chose. Par exemple, pour moi et mon enquête, je devais chercher des traces de plusieurs drames épouvantables au tout début des années 1900, ici même dans la région.

Je ne trouvais fichtrement rien. Tellement que je me disais que malgré toutes les indications que j’avais pour démontrer tout ça, je devais être folle.

Tenez, un exemple frappant est l’absence de publication, à plusieurs reprises, de nos journaux régionaux de l’époque. Pourquoi ils « sautaient » ainsi des semaines? J’ai posé la question. J’ai eu la réponse à laquelle je m’attendais : ces journaux n’avaient pas sauté de semaines, c’était seulement parce que, pour des raisons que nous ignorons, aucune copie papier n’avait été conservée.

La réponse est logique, non? Pourtant, selon moi, elle est fausse en grande partie.

Ne me demandez pas pourquoi, je ne le sais pas encore, mais j’ai la quasi-certitude qu’ils n’ont pas publié ces semaines-là parce qu’ils en ont été empêchés. Par qui? C’est encore un mystère pour moi, mais j’avance.

Ce dont je suis certaine, par contre, c’est que s’ils avaient pu publier ce qui se passait ici, ça aurait apeuré non seulement toute la région, mais bien au delà. Ça oui.

Voilà, c’est le plus loin que je peux me permettre de dire pour le moment. J’en aurais beaucoup plus, mais j’attends certains documents pour confirmer des trucs.

Sara McNicoll, native du Saguenay Lac-Saint-Jean, étudiante-archiviste à Montréal.

Note : Sarah McNicoll est l’un des personnages d’une nouvelle trilogie sous forme de thriller historique dont le premier tome sera publié à l’automne 2019. Pour en savoir plus ou réserver votre exemplaire, revenir à l’accueil de ce site Internet.