Lettre ouverte – La démolition d’une maison centenaire à Chicoutimi provoque la colère de plusieurs

Aujourd’hui est un jour triste, la maison Bossé, située au 334 sera démolie. On nous rassurait il y a un moment que ça n’arriverait pas, je me suis surpris à y croire. Inévitablement, le Manoir Champlain a durcit ça poigne de fer sur le centre-ville de Chicoutimi. Une poigne beige, sans âme et mesquine.

Par Pierrick Bouchard

Pierrick Bouchard, amateur d’histoire

Je me souviens, étant un peu plus jeune, je passais avec mon père sur la rue Jacques-Cartier et j’étais impressionné par la grosseur du chantier de la première aile du Manoir, je me disais : « wow, ça va être gros ça ». Je m’imaginais pas à quel point….. Aujourd’hui, plusieurs années plus tard, j’ai mal.

La saga a commencé en mai 2007 avec la démolition de la maison Lévesque; construite en 1920, rien n’avais pu empêcher le Manoir d’avancer. Un exemple magnifique de style monumental, un des derniers restant dans la région si ce n’est de l’église Ste-Cécile qui sera aussi démolie cet automne. La conseillère de l’époque, Marina Larouche, avait obtenu que l’aile soit construite plus loin de la rue Racine et que les arbres en façade soient conservés. Aujourd’hui je ne vois plus que quelques chicots d’arbustes et un aménagement paysagé des plus fade.

Ensuite vint le 350 Racine qui abritait la caisse populaire du Réseau de la Santé qui fut démoli le premier juin de cette année. Ce bâtiment n’avait pas de statut patrimonial mais son intérêt résidait dans le fait qu’il contribuait à un tout. Avec le bâtiment de la Banque Royale et la maison Bossé, il formait une barrière entre le monstre Champlain et la rue Racine. Contribuant ainsi à un certain cachet. De plus, M. Dany Tremblay, propriétaire du Manoir, avait assuré lors de l’achat du bâtiment, qu’il n’était pas question de démolir le bâtiment, seules les 22 cases de stationnement l’intéressait…

La maison à différentes époques. Source: Facebook

Quelques jours plus tard, le 6 juin, le bâtiment du Dauville sur le boulevard Talbot était rasé lui aussi pour faire place à une résidence pour retraités. L’intérêt de ce bâtiment lui venait aussi de son histoire, de son architecture. Il faisait partit du paysage, désormais, ce sera un gros bâtiment gris qui le remplacera.

Nous arrivons alors en date d’aujourd’hui, à l’aube de la démolition de la maison Bossé. Le 22 Mai dernier, une séance du conseil d’administration avait rejeté la demande du Manoir la démolition du bâtiment pour y faire un stationnement. Mettant de l’avant les articles 228 et 230 du règlement sur les plans d’implantation et d’intégration architecturale stipulant respectivement : « maintenir le cadre bâti, préserver la valeur historique et patrimoniale du centre-ville et préserver les bâtiments d’intérêt et les bâtiments contributifs » et « la démolition ne devrait pas être permise dans le cas où il s’agit d’un bâtiment d’intérêt ou d’un bâtiment contributif ». Force est de constater que ce n’était pas suffisant.

Ce qui est le plus aberrant, c’est que dans les différents articles aujourd’hui on mentionne que la maison Bossé n’a su conserver au fil des ans son caractère patrimonial, que les modifications effectuées au fil du temps lui ont fait perdre son intérêt historique….. Cet intérêt historique même qui avait empêché sa démolition en mai dernier? On mentionne aussi que l’environnement immédiat de cette maison nuit à son cachet! C’est là que le bâtiment de la Caisse Populaire revêt toute son importance, n’étant plus là, ayant laissé place à un trou béant, des travaux interminables et à un monstre beige ou gris sous peu, il est évidant que l’environnement a perdu son cachet. La propriétaire, Mme Papillon, mentionne aussi vivre beaucoup de pression de la part du Manoir et que les travaux constants tout juste à côté nuisent à l’exploitation de son auberge.

Là, on voit toute la préméditation du vil propriétaire du Manoir; Dany Tremblay que je méprise du plus profond de mon âme : Maison Lévesque à une époque où le patrimoine bâti était moins au cœur des passions du citoyen, achat du 350 racine en promettant de le garder intact, démolition du bâtiment sachant que l’intérêt pour celui-ci était bas et finalement, donner un environnement défavorable à la maison bossé et nuire à ses activités par son enclavement pour finalement lui donner son coup de grâce. Une belle montagne de mensonges et de mépris pour la mémoire collective. Pour « dynamiser » le centre-ville….. mon oeil, dynamiser ton porte-feuille plutôt.

Source: Journal Le Quotidien

Sans vouloir être alarmiste, dans 50 ans, on va faire quoi de tous ces appartements super luxueux et adaptés à une clientèle bien précise? On va les louer? Les vendre? Dans les deux cas, on aura assurément droit à une surabondance de logements ou de condo sur le marché, une situation à laquelle nous faisons face en ce moment et qui n’est pas idéale.

Prochaine étape? La maison Price, la maison Duperré, l’immeuble Gauthier Bédard ou l’ancien magasin Lessard & Frere?

Et tout à coup, le patrimoine est disparu…..

Pour un gigantesque monstre brun, laid et sans âme…..

Pierrick Bouchard

Note importante
Dimanche prochain, se tiendra une manifestation contre la démolition de la maison Bossé. Le but de la manifestation n’est pas d’empêcher la démolition, puisqu’il semble qu’il soit trop tard pour celle-ci, mais bien de sensibiliser les élus au fait qu’il est important de protéger notre patrimoine bâti à long terme.

Pour les détails concernant cette manifestation, cliquez sur le lien ci-bas, vous serez redirigé vers les détails (Événement Facebook).

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