Grippe espagnole – « Enterré vivant », est-ce une légende?

Personne, je dis bien personne, ne voudrait vivre ce cauchemar. Se réveiller dans sa tombe, et avoir le temps de réaliser où nous sommes, avant de définitivement manquer d’oxygène.

En lien avec la chronique historique de cette semaine, voici un texte de 1920, paru dans le Le Soleil, le 7 août.

Dans l’article, on revient sur la grande pandémie de 1918, qui à l’époque, ne datait que de deux ans. Les familles pleuraient encore leurs morts.

Voici une retranscription fidèle de l’article.

Le titre du texte pose directement la question:

Serait-il vrai qu’un grand nombre de personnes auraient été enterrés vivantes, durant la dernière grippe espagnole? – Une cruelle énigme

Enterré vivant! Que peut-on imaginer de plus effroyable que cette évocation de la mort avec tout ce qu’elle comporte d’épouvantable, de désespoir et d’horreur!

Un journal des États-Unis racontait ces jours derniers que l’on avait la preuve presque irréfutable qu’un grand nombre de personnes étaient enterrées vivantes, alors qu’elles n’étaient qu’en léthargie.

À ce propos il serait peut-être utile de rappeler certains faits qui se sont produits lors de la grande épidémie d’influensa, ou grippe espagnole, il y a une couple d’années.

On se rappelle quelle précipitation l’on apportait à l’ inhumation des victimes. Cette précipitation, notamment à Ottawa, par exemple, dégénérait en frénésie, en folie fiévreuse. Une personne mourait dans l’après-midi, le soir elle était au charnier ou dans la terre.

Les médecins, les entrepreneurs de pompes funèbres « travaillaient » jour et nuit. En certains endroits du haut de la Gatineau, n’importe quelle boîte servait pour l’enterrement et les menuisiers ne fournissaient à répondre aux commandes.

Tous les enterrements faits ainsi à la vapeur étaient-ils si urgents? Angoissante question que l’on a posée à quelques médecins qui, avec une superbe assurance, ont répondu qu’il y avait danger de contagion.

Nous avons entendu sur ce macabre sujet la pénible histoire qui suit, elle est authentique.

Une jeune fille, demeurant avec ses parents dans les environs du lac Masson, vint à mourir de la grippe. Sur ordre d’un médecin, elle fut enterrée illico. C’était en hiver et le corps fut déposé dans le charnier. Au printemps, à la cérémonie de la sépulture, les parents voulant jeter un dernier regard sur l’être aimé firent ouvrir le cercueil. Quelle ne fut pas leur épouvante d’apercevoir le corps comme tordu dans les affres d’une douleur ou d’une épouvante sans nom! Au lieu d’être sur le dos, le corps était sur le côté, et tous les traits de la figure étaient comme crispés.

Serait-il vrai que beaucoup de ces analogues se seraient produits? C’est une cruelle énigme. Ne pourrait-on pas prendre des mesures pour constater véritablement la mort, puisque, certaine suspension de la vie n’est couvent qu’apparente?

Pour lire la chronique de cette semaine portant sur la grippe espagnole dans notre région, cliquez sur l’image ci-bas! 

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