Le monument du curé Hébert

Cette semaine, Sévérin Dumais, notaire d’Hébertville est en vedette. Hébertville, premier village du Lac-Saint-Jean, a été fondé par le curé Nicolas-Tolentin Hébert.

 

Extrait de sa biographie tirée du dictionnaire biographique du Canada:

« C’est par son œuvre de colonisation que Hébert retient l’attention. Vers les années 1850, le clergé bas-canadien tentait de susciter un vaste mouvement de colonisation dans le but de freiner l’exode de la population catholique vers les États-Unis. Engagés dans ce mouvement, les prêtres des circonscriptions de L’Islet et de Kamouraska, réunis à Sainte-Anne-de-la-Pocatière (La Pocatière), à la fin de 1848, décidèrent de jeter les bases de l’Association des comtés de L’Islet et de Kamouraska pour coloniser le Saguenay et en confièrent la responsabilité à Hébert, reconnu pour son esprit pratique et son sens de l’organisation.

Cette association est en quelque sorte un prototype des sociétés québécoises de colonisation au xixe siècle. Sa structure était celle d’une coopérative dont la paroisse servait d’unité constituante de base. Chaque paroisse participante – il y en aura huit – était dotée d’un comité représentatif du nombre d’actionnaires. Les actions se vendaient au coût unitaire de £12 10 shillings (environ $50), mais la société pouvait accepter, sur recommandation des comités de paroisse, le paiement des actions sous forme de travail ; un actionnaire ne pouvait en détenir plus de trois. La possession d’une action donnait droit à un lot de 100 acres. Après cinq ans, l’association devait être dissoute et les lots distribués par tirage au sort. La société connut un sommet en 1851, année où 296 actionnaires détenaient 360 actions. En principe, l’argent recueilli devait servir à l’achat des terres, à l’ouverture des voies d’accès et, dans la mesure du possible, au défrichement partiel des terres et à la construction d’une maison sur chaque lot. Rien dans le règlement ne stipulait que les actionnaires devaient assumer la prise de possession de leur terre. En réalité, les actionnaires se divisaient en deux catégories fondamentalement différentes : les actionnaires-protecteurs de colons, surtout des membres du clergé et de la petite bourgeoisie locale, ainsi que les actionnaires-colons qui, en 1851, ne représentaient que 31 p. cent des membres et ne détenaient que 20 p. cent des actions. Ces quelques chiffres donnent une image saisissante de ce que fut vraiment l’Association des comtés de L’Islet et de Kamouraska pour coloniser le Saguenay : une alliance du clergé et de la petite bourgeoisie rurale au service de l’idéologie agrarienne théocentrique du xixesiècle. »

Nicolas-Tolentin Hébert décède à Kamouraska. Il sera inhumé sous l’église. 

En 1929, un monument est érigé à Hébertville en l’honneur de ce curé. Le monument représente le curé Hébert avec un jeune colon, lui montrant le vaste pays à conquérir.

Voici une vieille photographie du monument

Avec une autre, prise cet été

Ces monuments, contrairement à plusieurs autres bâtiments, savent traverser le temps!

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